Craponne, entre ville et campagne ?

Publié le par Craponne à Venir

Craponne, entre ville et campagne ?

La municipalité l’a bien compris, Craponne est une commune entre ville et campagne.

Le slogan fait rêver les urbains à la recherche de nature et d’espaces. Ils peuvent profiter des vallées et des bois de l’Yzeron et du Ratier, et toujours bénéficier des services et des avantages apportés par la ville.

L’ardoise de ce compromis séduisant comporte, malgré tous, des points négatifs que Craponne a aujourd’hui du mal à résoudre.

Craponne s’est construite et urbanisée autour d’un axe principal constitué de l’avenue Edouard Millaud prolongée de l’avenue Pierre Dumond. Cette artère s’étire sur plusieurs kilomètres et permet de desservir le centre-ville de la commune ainsi que la principale zone d’activité et commerciale.

Nous avons hérité ici d’un axe rectiligne tracé depuis l’antiquité romaine. Cette artère facilite les échanges entre l’agglomération lyonnaise et les communes des Monts du Lyonnais depuis des siècles, faisant de Craponne une ville de transition.

Étant habitant de la commune depuis 2 ans, et riverain de l’avenue Pierre Dumond je vous propose de relater l’expérience de ma vie craponnoise au quotidien.

L’arrivée de l’automobile, nos changements de mode de vie plus citadins et une augmentation de la population régulière ont transformé cet axe majeur qui connaît aujourd’hui des difficultés à absorber le trafic des véhicules qui l’empruntent quotidiennement.

Être riverain de cet axe routier, c’est l’avantage d’être connecté facilement à Lyon pour se rendre à son travail et c’est également un accès facile à la campagne des monts du Lyonnais pour partir en excursion en nature.

Outre ces avantages, un résident de cet axe majeur se doit d’accepter également les désagréments du trafic automobile. Je peux citer le bruit régulier dû à la circulation routière tout au long de la journée en semaine et en weekend, un bruit qui s’intensifie aux heures de forte affluence en semaine, et se congestionne chaque samedi matin pour accéder au marché de Craponne, renommé dans le secteur. Sans oublier les pics de bruit intense qui ponctuent et troublent mes nuits, lorsque certains automobilistes ou motards s’amusent à battre des records de vitesse au nez des radars pédagogiques installés en bordure de voire.

Tout départ en voiture sur cet axe doit être réfléchi, il faudra patienter plusieurs secondes avant de pouvoir profiter d’une courte brèche dans le flot continu des voitures, pour s’intégrer dans la circulation. A l’inverse, toute sortie sur cet axe doit être très bien anticipée afin d’éviter un accrochage avec la voiture qui me suit de près et dont le conducteur ne supporte pas que sa vitesse soit ralentie par un riverain de la route sur laquelle il circule.

Dernier danger et non des moindres, le piéton doit traverser d’un pas sûr, élancé et dynamique au risque de déplaire aux automobilistes, les passages piétons et autre aménagement étant trop peu nombreux pour faciliter et sécuriser la circulation piétonne.

Pour convaincre le plus grand nombre de lecteurs, un exemple factuel est nécessaire. La Métropole de Lyon met à disposition de chacun, sur internet, un Plan Environnement sonore qui représente sur une carte le niveau sonore des axes routiers de l’agglomération lyonnaise.

(source : http://bruit.grandlyon.com). Je vous invite à la consulter à la fin de cet article.

Sans aller jusqu’à la privatisation de ma rue, à l’image de certaines résidences privées qui se retrouvent fermées et sécurisées, il devient urgent de penser à un réaménagement dans son ensemble de l’axe principal de Craponne, qui est emprunté par des milliers de craponnois et par les habitants des communes voisines.

Les exemples de restructuration de voirie à grand trafic ne manquent pas. Je peux citer à titre de comparaison le réaménagement d’une portion de l’Avenue Jean Mermoz, prolongement de l’autoroute A42 dans le 8ème arrondissement de Lyon, transformé en boulevard urbain dont l’usage de la voirie est aujourd’hui équilibré entre les piétons, les vélos, les transports en communs et les voitures. Autre exemple en cours de chantier, le Cours Émile Zola à Villeurbanne, l’une des artères principales de la ville. Enfin, je peux citer l’accord signé récemment entre l’État français et la Métropole de Lyon pour le déclassement de l’autoroute A7 et son réaménagement en boulevard urbain.

A une échelle plus locale, le trafic supporté par l’axe Millaud-Dumond divise le Nord et le Sud de la commune. La liaison Nord-Sud est écrasée par rapport à la liaison Est-Ouest qui structure l’urbanisme de la ville. Des aménagements ont vu le jour permettant un début de rééquilibrage de ces liaisons par la création, par exemple, des cheminements piétons, notamment le mail piéton dans le prolongement de la place André-Marie Perrin, mais ces travaux ne suffisent pas pour renforcer les liaisons entre les quartiers Nord et Sud de Craponne.

L’arrivée en 2014 de LEOL, axe dédié aux transports en commun, en parallèle de l’artère principale devait permettre de limiter l’usage de la voiture en réduisant les temps de trajet mais la fréquence de passage des bus sur ce site propre est aujourd’hui trop faible et trop de bus roulent encore sur l’axe Millaud-Dumond où ils se retrouvent embourbés dans le trafic automobile.

Outre ces problèmes, c’est également les nuisances visuelles qui polluent l’entrée dans Craponne. Les panneaux publicitaires surdimensionnés plantés en bordure de route pour attirer l’œil de l’automobiliste, avant de prendre en considération celui du voisinage et de son intégration dans le patrimoine local, sont une plaie dans le paysage craponnois.
Une question reste à poser à la municipalité et à la Métropole de Lyon en charge de la voirie : une étude de restructuration préalable à un aménagement concerté est-elle programmée à court terme ? dans les années à venir ?

Le sujet mérite que l’on s’y intéresse pour améliorer la qualité de vie des riverains et donner envie aux automobilistes de lever le pied. Ce serait aussi l’occasion de partager la voirie entre les différents usagers (voitures, deux-roues, piétons), d’intégrer de la végétation et de personnaliser cet axe pour éviter une entrée de ville « banale ».

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