REUNION PUBLIQUE - VOEUX 2013 - suite

Publié le par Craponne à Venir

Synthèse des interventions  par  Françoise PELORCE

 

 

Les interventions passionnées et convaincantes de nos deux intervenants ont suscité, auprès de la centaine de Craponnois-ses présent-e-s des échanges riches et constructifs qui montrent que la culture fait débat à Craponne.

 

Pourquoi avoir choisi, en lien avec l’Association Craponne à Venir de traiter la culture et la jeunesse ?


Plusieurs raisons ont motivé ce choix :

 

Tout d’abord un constat : depuis le début de notre mandat, Dominique et Véronique, nos représentants à la commission culture défendent « la culture pour tous ». Constatant que les jeunes ne trouvent pas leurs comptes dans la politique culturelle de notre commune, ils interpellent régulièrement la majorité à ce sujet, font des propositions, non prises en compte voire refusées par la majorité.

La culture est une exigence démocratique : l’’article 13 du Préambule de la Constitution, 1946 stipule : « la Nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture ».

C’est aussi un levier pour lutter contre l’exclusion, un outil d’insertion et d’éducation. En effet, nous pensons qu’il est nécessaire de conquérir ces publics que l’on appelle « isolés », « exclus » ou simplement « empêchés », en langage plus soutenu.

Enfin, la culture est un élément fort de la politique communale, indissociable du social, de l’éducatif, du sport et des finances. 

 

Certes une politique culturelle ambitieuse, accessible à tous, demande des moyens. Mais, notre commune n’est pas une ville pauvre et c’est réellement une question de choix politique et de priorité qui se pose.

 

Pourquoi avoir choisi de faire intervenir Yannick et Bob ?

 

Et bien tout simplement parce que tous deux pratiquent la culture telle que nous aimerions la pratiquer si nous en avions l’initiative.

 

Ils nous ont fait part de leurs expériences, deux expériences réussies, pratiquées dans des contextes différents mais complémentaires, toutes deux portées par des professionnels.

 

L’un des intervenants a attiré notre attention sur le fait qu’il n’existe pas une culture spécifique aux jeunes et que l’intérêt commun s’organise plutôt autour d’affinités (on aime la danse, le théâtre, la peinture…). Toutefois, si vous n’êtes pas  attentifs aux attentes du public, si vous programmez sans prendre le temps d’observer, d’écouter, sauf à satisfaire vos propres désirs ou ceux de vos électeurs potentiels, vous aurez des difficultés à rassembler autour d’un spectacle. Deux exemples : vous programmez Marcel Amont ou même Hugues Auffray, pensez-vous mobiliser beaucoup de jeunes ? Mais si vous programmez « Naz » (pièce jouée au ‘Griffon’ à  Vaugneray le 24 janvier), Naz comme nazi, mais aussi comme dingue, tartigniole qui montre le comportement des jeunes « identitaires », aujourd’hui très  actifs sur nos communes. Là, j’ai effectivement vu des jeunes, des plus vieux et des bien plus vieux. Tous ont participé au débat, avec leurs mots, leurs approches spécifiques mais en toute sérénité et de manière constructive. Pourquoi ? Parce qu’il y a eu une réelle prise en compte du contexte par le professionnel qui a su voir, écouter, saisir que ce thème était un sujet sensible pour tous, quelque soit sa génération ou son origine socio-culturelle. Il n’y a pas de hasard, c’est une question de compétences.

 

De « l’importance de la proximité des différents acteurs » : Nos deux intervenants ont insisté sur l’importance des lieux et de leur appropriation par les utilisateurs et par leurs partenaires, facilitant échanges formels mais aussi informels : « On travaille tous dans les mêmes locaux, le service culturel, la MJC et pas loin des écoles. Et la salle de concert est à notre disposition pour construire et réaliser nos projets ». Tous deux ont souligné l’importance des relations avec les écoles, les associations et l’ensemble des structures favorisant l’émergence de liens sociaux et en capacité de mobiliser un public diversifié autour d’un projet fédérateur.

 

Il n’est pas suffisant de construire de beaux équipements, il faut savoir comment on va les faire  « vivre » et cela, même avant d’en construire les murs…sans toutefois figer les possibilités d’évolution vers d’autres orientations culturelles.

 

Et ce n’est pas en supprimant des structures comme la MJC dans les années 90 puis le Centre Social et Culturel le 31 Août 2009, sous des prétextes fallacieux que nous réussirons à rassembler l’ensemble de nos concitoyens. Ces instances associatives sont créatrices de lien social et réels supports à une politique culturelle pour tous, comme le montre l’action de l’un de nos intervenants, intégré à une MJC.

 

Une programmation culturelle ne se construit et ne se décide pas à deux ou trois élus. Nos deux intervenants affirment que, pour réussir un projet culturel, il est nécessaire de se « mettre autour dune table avec tous les acteurs concernés ». L’un travaille en pôle, l’autre en commission élargie. Le plus souvent, les élus émettent leurs orientations culturelles et budgétaires et décident à partir des projets proposés par les professionnels qui organisent et coordonnent la concertation avec les acteurs concernés.

 

La réforme des rythmes scolaires devrait permettre de développer des projets culturels au sein de l’école sachant qu’il est reconnu que l’éducation artistique et l'action culturelle sont indispensables à la démocratisation culturelle et à l’égalité des chances. Mais ces initiatives relèvent d’une forte volonté politique orientée vers l’éducation. Nous avons déjà interpellé la majorité sur la mise en place d’une concertation avec l’ensemble des  acteurs impliqués mais nous savons maintenant que la réforme ne sera mise en place à Craponne qu’à la rentrée 2014. De là, à penser qu’aucune action de concertation ne sera menée avant mars 2014, il n’y a qu’un pas et pourtant…Craponne ne fait pas partie des communes pauvres !!!

 

Enfin,  nous sommes convaincus et les expériences menées et réussies montrent bien que l’animation culturelle est une affaire de professionnels.

 

En conclusion, nous avons la conviction que le partage de repères culturels et les pratiques artistiques sont de formidables outils de cohésion sociale, par l'épanouissement de chacun et l'apprentissage du vivre-ensemble. Il faut innover, inventer de nouvelles passerelles entre la population et les arts afin de permettre à un large public de bénéficier d’un accès à la culture. Un challenge qui le vaut bien !!!

 

Merci à nos intervenants. Bravo pour leur implication, leur dynamisme et leurs réalisations. On va essayer de se donner les moyens de faire aussi bien à Craponne…

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